Ouvrage publié
par DUNOD

L'AUTEUR

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Pierre Fayard est professeur à l'université de Poitiers et directeur du Centre franco-brésilien de documentation scientifique et technique (CENDOTEC) de Sao Paulo.
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LES LIVRES

Créateur de communautés

Mediascope NTT Inc.

La connaissance ne peut être gérée, cette approche d'inspiration nord-américaine est trop focalisée sur les technologies de l'information. Au Japon, on se concentre sur le principe des commuautés émergentes selon une approche plus émotionnelle (p. 153).

On ne diffuse plus un produit, un service ou un enseignement. Aujourd'hui, ils doivent être comme appelés par une nécessite collective, ou intersubjective, que l'on peut seulement contribuer à construire (p. 156).

From "one to one" to "with". Jusque-là, l'entreprise se concevait comme une entité distincte et séparée à la fois de ses clients, et plus globalement, du monde exterieur (p. 158).

In Le reveil du samourai. Culture et strategie japonaises dans la societe de la connaissance. Ed. Dunod, Paris 2006.

Sun Tzu correctement expliqué aux Occidentaux

Un commentaire de www.strateblog.blogspot.com

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Sun Tzu correctement expliqué aux Occidentaux, simplement et sans pédanterie, sans pour autant trahir ni déformer la teneur des enseignements du Maître : voici, en substance, le tour de force assez exceptionnel réalisé par l'auteur de ce livre concis, et ce dernier n'est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, l'acuité intellectuelle et la pédagogie hors normes d'une David Néel en ce sens que la "Pensée stratégique chinoise" dont il question, à l'instar des fondements du bouddhisme tibétain rapportés par l'orientaliste au siècle dernier, s'adresse aux esprits doués de raison quelle que soit leur culture d'origine.

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On aurait en effet grand tort de s'imaginer que l'école stratégique chinoise ne s'adresse qu'aux chinois, et que l'environnement socio-économique occidental est exempt de yin, de yang, de ji ou de zheng : ces modes de lecture de la réalité et du fonctionnement de la matière nous concernent pleinement, et nous gagnerions à profiter d'un enseignement adapté et praticable, apte à nous faire comprendre précisément de quoi il en retourne.

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C'est à présent possible avec cette explication de texte portant sur 18 stratagèmes tirés de l'"Art de la Guerre", une référence ancestrale en matière stratégique, à la lecture de laquelle elle prépare et initie. Après l'avoir lu, médité et pratiqué, non seulement vous aurez compris pourquoi l'"Art de la Guerre" ne s'adresse pas plus aux stratèges chinois qu'aux autres (c'est d'ailleurs loin d'être le seul courant intellectuel ou spirituel oriental dans ce cas de figure, mais c'est un autre débat), mais vous disposerez de surcroît de nouveaux référentiels de pensée permettant la mise en lumière de ressources, potentiels et marges de manœuvres insoupçonnés jusqu'alors.
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Je ne résiste pas au plaisir de fournir ci-dessous un petit résumé (du moins, ce que j'en ai compris) du plus emblématique des stratagèmes de Sun Tzu abordés par l'auteur :


L'eau fuit les hauteurs

Le stratège a pour vocation de favoriser le travail de la nature, pas de s'épuiser en vaines confrontations avec des protagonistes contre lesquels il ne peut lutter. Plutôt que de livrer tout seul des combats perdus d'avance, éventuellement planifiés par des adversaires organisés dont il risque de renforcer la détermination, il ne se laisse pas dicter sa conduite ni emprisonner sa pensée mais recherche au contraire l'économie élégante des forces et des moyens afin d'atteindre ses objectifs à moindre coût. Pour ce faire, il use naturellement de ruse et de déstabilisation, en ce sens qu'il a apprit à relativiser l'existence et l'importance de ses propres représentations mentales et celles de ses contemporains, et son action se déploie simultanément dans l'espace, dans le temps, et dans le sillage d'entités tierces dont il utilise et canalise la dynamique.

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Ainsi, l'esprit du stratège ne se conforme pas aux représentations sociales (si ce n'est pour les orienter à sa convenance et bien qu'il sache donner le change) et n'hésite pas à envisager les "chemins naturels" et peu orthodoxes si ceux-ci sont économiques et efficients, particulièrement lorsqu'il identifie une convergence d'intérêts qui emportera validation sur le terrain. Il ne s'agit pas tant de faire preuve de créativité que de la perception juste et claire qui la préside, ce qui permet de régler son propre comportement sur ceux des acteurs de l'environnement et de profiter mécaniquement des vulnérabilités et opportunités offertes par un monde en mouvement, notamment en intégrant dans son propre jeu les préoccupations locales d'autrui. De même qu'on évitera si possible de faire monter une pente à un fluide parce que c'est énergétiquement coûteux, on gagnera des batailles avec élégance et économie en les rendant hors sujet, c'est-à-dire en décalant l'affrontement dans l'espace et dans le temps, depuis un terrain défavorable (dicté par l'adversaire ou les circonstances) vers un terrain favorable (mis en scène par le stratège).
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Fameux cas d'école dit "Encercler Wei pour sauver Zhao" : si un ennemi puissant attaque un territoire allié, mieux vaut lancer une offensive déterminée sur les positions vitales et dégarnies de l'ennemi plutôt que d'accourir au secours de l'allié, qui s'attend naturellement à une telle réaction et a dimensionné son agression en conséquence. Ce chemin naturel, économique et efficace provoque un transfert de l'initiative à l'avantage des défenseurs, lesquels peuvent à présent conduire le rythme du conflit plutôt que de le subir.

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Référence de ce commentaire : http://www.strateblog.blogspot.com

L'art de la guerre est comme l'eau

L’eau fuit les hauteurs

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15. La victoire par la situation. Amener le tigre à quitter la montagne. Le général ne demande pas la victoire à ses soldats mais à la situation. Xénophon dispose le reste de ses troupes le dos à la montagne pour vaincre psychologiquement les Perses.

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L’art de la guerre est comme l’eau qui fuit les hauteurs et remplit les creux. So what ? interroge le lecteur de Sun Tzu devant cette affirmation élémentaire ? En quoi ce mécanisme purement physique serait-il d’un quelconque enseignement pour l’art de la guerre ?

Traditionnellement, la culture chinoise fait usage d’images pour traduire une pensée ou donner un enseignement. Une hauteur constitue un obstacle difficile à surmonter ou une résistance qui s’oppose aux finalités d’un stratège. S’en affranchir est coûteux, voire hasardeux, alors que l’on sait que Sun Tzu recommande toujours l’économie (voir « Sun Tzu et le management » dans ce blog).

Au contraire, une déclivité ne représente pas seulement une vulnérabilité, mais un facteur d’accélération d’un mouvement de troupes, ou d’une stratégie. L’usage habile des creux est économique du fait que le stratège utilise astucieusement cette configuration du terrain, que l’on peut assimiler plus généralement aux caractéristiques d’une situation donnée.

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Le général ne demande pas la victoire à ses soldats mais à la situation. So what ? une fois encore ! Cette autre citation souligne l’importance du potentiel que l’on peut rencontrer dans les environnements, ou les contextes, dans lesquels on se trouve.

Pour Sun Tzu, les soldats ne sont pas, de manière intemporelle, redoutables et efficaces, ou pleutres et incapables ! Tout dépend de la situation dans laquelle il sont placés, et qui les rendent forts et déterminés ou faibles et timorés, et cela à l’image de l’eau dont le comportement épouse la circonstances ou la configuration d’un terrain.

L’eau prend la forme de ce qui la contient : dans un vase, elle est vase, en dessous de zéro, elle devient glace, au delà de cent degrés : vapeur... Dans un lac de montagne, elle est stable, mais dans le lit d’ un torrent en forte pente, elle ravage tout sur son passage !Ainsi en va-t-il de l’art de la guerre qui tire profit des circonstances.

En disposant ses maigres troupes fourbues, le dos à une falaise face à une armée perse nombreuse et bien alimentée, le général grec Xenophon mit ses adversaire devant le dilemne suivant : ou affronter une bande d’enragés n’ayant plus rien à perdre du fait de l’impossibilité de retraite dans laquelle ils étaient disposés, ou bien... d’attendre une occasion plus propice ! Et les Grecs furent saufs !

Pour approfondir : Comprendre et appliquer Sun Tzu. La pensée stratégique chinoise : une sagesse en action. Dunod, 2e édition augmentée, Paris 2007.

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The BA of Sherlock Holmes & Dr. Watson

Elementary, my dear Watson!

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To illustrate the complementary difference between on one side the perception of weak signals produced by serendipity, fuzzy receptivity, tacit know-how, craft experience and intuition, and, on another side, explicit objective information, Noburo Konno makes reference to the tandem Holmes – Watson.

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Sensible, clear-sighted and creative, Sherlock Holmes identifies weak signals, and then processes by induction and combines them to make sense. On the contrary, the deductive Dr Watson analyses, and that is the reason why he finds out later.

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Watson rationalizes like an historian what Holmes presents to him as “elementary!”. These two ways to process are not antagonist but complementary. Dr Watson’s pre-conceptions orient Holmes’s perceptions and even induce his sensibility that lead to identification of relevant signals.

Doing so, Dr. Watson’s rationality frees the imagination of Holmes, making him capable to devote full time and art to his insight activity. It constitutes the backdrop, the previous accessible and explicit knowledge and competences that match creatively with curiosity and no a-priori availability.

Through each investigation, the couple Holmes – Watson creates a strategic knowledge community set up toward the discovery of the truth! They convene partners and all possible indicators that allow them to step ahead to their aim so that they assume their detectives’ commitments.

Read more about that: Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance, Dunod, Paris 2006.

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The Japanese concept of BA for Knowledge Management

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Strategic Knowledge Communities

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One may talk about a good ba when relational situations energize people making them creative within positive and dynamic interactions.

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Reality is a succession of events that flows without stopping, wrote Kitaro Nishida. The use of ba concept comes from this philosopher who pointed out that way a physical space where a hidden power is lying, where one can receive energy when diving in.

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Ba is not just a spot but also a moment in which one might live a transformation process but also an emergent one.

A ba could be memorized and opened to a continuity of relation within a kind of atmosphere that refers to a particular feeling linked to a community’s shared space and time. What we call time, space and material force are simply concepts established in order to organize these facts and to explain them (Nishida). In this perspective, a ba could be assimilated to a sort of level of consciousness.

Ba is a Kanji ideogram whose left part means ground, boiling water or what is rising and whose right part means to enable. On the one side it points out a potential and from the other a kind of engine that gives a direction. The right part of the ideogram refers to the yin and yang philosophy of permanent transformation.

For Ikujiro Nonaka, a ba could be thought as a shared space for emerging relationships? This space can be physical (e.g. office, dispersed business space), mental (e.g. shared experiences, ideas, ideals) or any combination of them. What differentiates ba from any ordinary human interactions is the concept of knowledge creation. Ba provides a platform that a transcendental perspective integrates all transformation needed. Ba may also be thought as the recognition of the self in all. According to the theory of existentialism, ba is a context which harbors meaning. Thus, we consider ba to be shared space that serves as a foundation for knowledge creation.

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As a positive and voluntary field of constraints, ba is favorable to constructive human interactions between selves and between them and their useful environments.

Exchanges of data, of information and opinion, collaboration and mobilization on a project to face necessities and the unknown convey ba within an organization. It could be understood as emptiness appropriated for emergence or as a kind of “oriented but not so determined” opened, tacit and consensual space.

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Ba does not come to reality by decrees. It is not produced by the command and control model of traditional pyramidal management.

On the contrary, is set up by voluntary membership within an “energize and stimulate” mode through care and mutual respect. Ba is fundamentally subjective and relational and one involves in because it is ruled by common interest and because there is no conflicts within human relationships.

Referring to the four stages of SECI model from Nonaka, it is possible to consider ba through different particularities: its emergence, the socialization it provides, the systematic interaction it allows and finally its effect as an agent for internalization.

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Ba includes a tacit component when emotions, experiences, feelings and mental images are shared.

It provides a context for socialization and existential space for individuals transcend their limits through physical implication of the broad spectrum of their capacities. Nonaka used to say that care, love, confidence and responsibility are required. In addition to this inter-individual relationship, a collective one opens to practices, values, processes, culture and climate to be shared in a more or less formalized way.

Virtual ba may function using information and communication technologies and distant networking. Interactions combine tacit and explicit within knowledge spirals. At last, ba provides adequate context for internalization of knowledge and catalyzes reflection actually transformed in action! Effective ba could be revealed in various ways. For example, while passing within a store, weak signals could be perceived and then combined and enriched with other data, hypothesis about markets, purchase attitudes or scenarios about future…

Ba is what allowed scrupulous observers to be tuned within right rhythms in order to take efficient decisions in terms for instance of supplies, answers to questions or ways to present services and products… Interaction with consumers and users might create global ba too. Relationships within a ba do not exist a-priori, they are not pre-determined or coming from any extra solid model out of human implications.

The inner coherency of ba reveals itself through organic interactions based on vision and community knowledge effort rather than as the effect of a mechanical concentration produced by a dominant center. These interactions lead to apparition of a higher self and continuous exchanges strengthen inner relationships. Individuals create the ba of teams which create the one of organizations.

Read more about Ba and Knowledge Management : Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaise dans la société de la connaissance. Pierre Fayard, Ed. Dunod, Paris 2006.

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Le concept de BA

Knowledge Management – Creation – Knowledge Society – Concept de Ba – Strategic Knowledge Community – Culture of Strategy

The concept of ba plays a major role in the Japanese way of Knowledge Management and within how this country is facing Knowledge Society’s issues. Because this concept presents a deep cultural component, it is not at all easy to understand using Western cultural frameworks. Therefore, this paper proposes Strategic Knowledge Communities as a Western equivalent.

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Gestão do conhecimento – Criação – Sociedade del conhecimento – Conceito de Ba – Comunidade Estratégica de Conhecimento – Cultura de la estratégia.

O conceito de ba exerce um papel fundamental no Knowledge Management em Japão e no caminho com o qual este pais enfrenta os desafios da Sociedade do Conhecimento. Esse conceito carrega forte significado cultural e torna-se de difícil compreensão por meio da linguagem ocidental. Portanto, o presente artigo propõe a expressão Comunidades Estratégicas de Conhecimento como equivalente.

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Gestion del conocimiento – Creacion – Sociedad del conocimiento – Concepto de Ba  Comunidad Estratégica de Conocimiento – Cultura de la estratégia.

El concepto de ba juega un papel fundamental en el camino japonès del Knowledge Management y en la manera con la cual esta pais enfrenta os desafios de la Sociedad del Conocimiento. Este concepto conlleva un significado cultural forte que le torna dificil entender en los idiomas occidentales. Por eso, este articulo propone la expresion de Comunidad Estratégica de Conocimento como equivalente.

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Pour aller plus loin : Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance (Dunod, 2006).

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La perception action

Héritière de la Chine où il n’est pas de forme supérieure d’intelligence que celle qui s’attache à l’interprétation du changement (Jacques Gernet), la dichotomie entre théorie et pratique n’est pas, dans la culture japonaise, posée selon les mêmes termes qu’en Occident.

L’ordre du monde ne découle pas d’un modèle car il est contenu dans le changement lui-même. Le théoriser signifierait s’en démarquer, s’en isoler, et cette coupure en ralentirait la compréhension et par voie de conséquence l’adéquation humaine à celui-ci.

En se mettant à l’école des faits au moyen d’une pratique s’actualisant en permanence, on laisse transparaître l’ordre des choses plutôt que d’imposer des hypothèses, des règles artificielles et extérieures.

Au Japon, on apprend par le corps et c’est le corps qui sait !

Le développement de l’intelligence et de la connaissance intime se mettent à l’école du libre mouvement et de la perception des flux, de la circulation des énergies en œuvre par elles-mêmes. Là est la condition d’un agir non seul mais avec la nature.

Laisser transparaître plus que vouloir s’imposer de l’extérieur à partir d’une volonté autonome et distincte. Dès lors, la connaissance devient plus que savoir : en épousant le mouvement elle est action.

Aller plus loin : Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance (Dunod, 2006).

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La mutation de l’action en connaissance

Total respect pour le client !

Paul Laclasse habite Rio de Janeiro depuis plusieurs années. Devant se rendre à un rendez-vous important pour sa carrière, il s’est habillé en conséquence et, pour l’occasion, a du louer une voiture de standing.

Peu habitué à la conduite dans la cité carioca, il s’égare et se retrouve bientôt bloqué dans l’une des favelas les plus dangereuses de la ville. Cette forme d’embouteillage ne lui dit rien qui vaille et il note inquiet que son apparence ne l’encourage pas vraiment à la sérénité d’autant plus qu’à présent, la circulation est pratiquement bloquée.

Il se sent tout petit, et se fait tout petit, dans toute la mesure du possible lorsqu’il aperçoit quelques mines patibulaires qui l’ont remarqué ! L’une d’entres elle se dirige vers sa voiture. Que faire, déjà il s’imagine en caleçon, sans voiture, ni papier ni argent, cela constituant la meilleure des solutions. Plus que quelques mètres avant qu’il soit bien encadré par les malfrats…

Soudain, il ouvre d’un geste très volontaire sa fenêtre et s’adresse à celui qui est sur sa gauche pour lui demander où se procurer de la drogue ? Pour combien lui est-il répondu, et il avance un chiffre tout à fait conséquent.

Tudo bem, on lui demande tout juste un peu de patience et bientôt la transaction est faite, on lui précise le nom du vendeur et on lui recommande Volta sempre, soit de revenir quand il veut !

De cible immédiate et de victime à court terme, l’inspiration soudaine de Laclasse l’a sauvé à travers la mise en œuvre du stratagème numéro 30 « Rendre l’inutile indispensable » ou « Echanger les places de l’hôte et de l’invité ». En redistribuant les rôles et les fonctions, son initiative a assuré sa sécurité et sa liberté d’action, tout en sauf gardant ses biens ! Total respect pour le client !

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La victoire en quelques idéogrammes

Lu dans : http://www.huyghe.fr/actu_484.htm


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Aux manuels de rhétorique comme ceux d’Aristote (Topiques, Rhétoriques, Réfutations sophistiques), peuvent s’opposer les grands classiques chinois dont le plus connu est l’art de la guerre de Sun Tzu. Ce n’est pas par hasard que le général chinois du VI° siècle avant notre ère est si souvent cité dans les académies militaires les plus branchées, par les « infoguerriers » qui ont la moindre prétention intellectuelle, sans oublier la plupart des praticiens de l’intelligence économique.

Ses sentences lapidaires comme « L’art de la guerre est fondé sur la duperie » ou « Sans mener de bataille, tâchez d’être victorieux » se retrouvent dans les manuels de management, alors que, depuis toujours, en Chine, la possession d’un rare traité de stratégie fait partie des fiertés d’un homme de culture.

Les praticiens connaissent bien d’autres classiques comme « les 36 stratagèmes » datant de la dynastie Ming ou le « Sac à stratagèmes » ou encore « Le Tao du Prince » (Han Fei).

La notion chinoise de stratagème peut se comprendre de deux façons :

-         soit comme des répertoires de manœuvres guerrières (qui peuvent être aisément généralisées à la lutte politique, aux affaires, voire à la vie personnelle ou amoureuse).

-         soit comme une vision générale des relations humaines, une pensée de l’opportunité, de l’efficacité et de l’incitation, un art de faire éclore en amont et en douceur les possibilités latentes dans chaque situation. Bref une première philosophie générale de l’influence.

Dans la première perspective, taxinomique et pratique, les stratagèmes se prêtent à classification. Souvent figés en formules faciles à retenir, ils offrent des recettes, une panoplie toujours prête en cas de besoin et ne demandant qu’à être adaptée au cas qui surgit.

Dans cet esprit, les 36 stratagèmes qu’un des meilleurs commentateurs, Pierre Fayard qualifie de « version vulgarisée de Sun Tzu », fourmillent de ces sentences laconiques en quelques idéogrammes ( 36, le nombre 36 faisant référence aux diagrammes du Yi King). Elles sont illustrées par une série de cas et se déclinent au gré de l’imagination du disciple.
L’expression est souvent imagée. Ainsi « Tuer avec une épée d’emprunt » signifie qu’il peut être utile de faire accomplir son travail par d’autres. « Cacher dans la lumière » suggère, sur le modèle de la lettre volée d’Edgar Poe, de dissimuler ses plans en semblant agir de la façon la plus banale. « Encercler Wei pour sauver Xaho » plaide en faveur des opérations secondaires qui permettront de profiter des vides qui se créeront dans le dispositif adverse. « Mener grand bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest » peut se comprendre comme une incitation à envoyer de faux signaux à l’adversaire pour l’amener à disperser inutilement ses forces. « Sacrifier le prunier pour sauver le pêcher » est une façon de dire qu’il faut parfois abandonner quelques petits avantages pour en gagner de grands…

Certains stratagèmes se réfèrent à des cas exemplaires historiques. Ainsi, « Montée discrète à Chencan » fait allusion fait allusion à un stratège qui fit très ostensiblement réparer le pont menant à une province ennemie pour, finalement, l’attaquer par un chemin de montagne, là où personne ne l’attendait. « La ville vide » renvoie au coup de génie de ce général qui, sachant que la cité qu’il défendait ne pourrait résister à un siège, en fit ouvrir toutes les portes et s’installa pour jouer de la flute sur la plus haute tour, de telle sorte que l’assiégeant déconcerté n’osa pas s’engager dans ce qui paraissait un piège…

Avec un peu d’imagination, il est possible transposer ces principes chinois aux affaires, à la politique ou aux stratégies amoureuses. Il existe d’ailleurs d’excellents manuels pour cela.

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Lire l’ensemble de l’article : http://www.huyghe.fr/actu_484.htm

Sun Tzu, l'art de la guerre appliqué à l'entreprise

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La pensée orientale

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Le lecteur occidental, qui préfère en général l’action directe vers le visible, va rapidement se rendre compte que la pensée orientale est très différente de la sienne en lisant ce livre. Pour illustrer cette différence, on compare souvent les idées contenues dans « L’art de la guerre » avec celles du livre « Vom Kriege » (de la guerre), rédigé par un général allemand, Carl von Clausewitz, et publié en 1832. Cette différence de pensée explique peut-être que le lecteur occidental aura parfois du mal à saisir et surtout retenir, dès la première lecture, les consignes exposées.

On pourrait s’attarder longtemps sur la culture chinoise et ses différents composants que l’on retrouve dans le livre, tel le jeu « wei chi » (plus connu sous son appellation japonaise « go ») pour la maîtrise du territoire, l’art martial Taï chi chuan pour les mouvements fluides ou la philosophie du « yin » et « yang » qui voit le monde comme une transformation permanente. (Je recommande à tout intéressé le livre « Comprendre et appliquer Sun Tzu » de Pierre Fayard).

Pour accéder à la page : http://www.supinfo-projects.com/fr/2005/suntzu_fr_2005/introduction/